LESIA - Observatoire de Paris

Passage de Vénus devant le Soleil le 5-6 Juin 2012

mardi 22 mai 2012

Le 5-6 Juin 2012 aura lieu en phénomène rare qui ne se produit que par paires séparées de huit ans, à plus d’un siècle d’intervalle : le passage de la planète Vénus devant le Soleil.

Suite aux informations recueillies lors du dernier passage en 2004, Thomas Widemann, chercheur au LESIA et Paolo Tanga de l’Observatoire de la Côte d’Azur, ont décidé de collaborer autour d’une grande expédition internationale permettant d’étudier l’atmosphère de Vénus.

Lever d'un croissant de Vénus sur le Soleil, lors du passage du 8 juin (...)
Lever d’un croissant de Vénus sur le Soleil, lors du passage du 8 juin 2004

Crédit : Sylvain et André Rondi

Cette épopée vise à observer pour la première fois l’auréole qui entoure Vénus dans différentes longueurs d’onde mais aussi de tester les futures techniques d’analyse de la structure, de la composition et de la dynamique de l’atmosphère. L’objectif est d’acquérir des données inédites, jusque-là considérées comme inaccessibles, sur la partie de l’atmosphère vénusienne qui s’étend au-dessus des nuages, à 70 kilomètres du sol. Enfin, ce phénomène apportera des réponses aux recherches sur les exoplanètes et la mise en évidence de planètes de taille comparable à celle de Vénus ou de la Terre dans leur zone habitable.

Une instrumentation particulière

Pour mener à bien cette mission, une panoplie d’instruments déployés sur Terre et dans l’espace étudieront simultanément l’atmosphère de Vénus, observée par transparence sur le disque solaire. Dans ce but, les deux scientifiques ont mis au point un modèle original de lunettes astronomiques d’un diamètre de neuf centimètres : le cythérographe.

Prototype du cythérographe
Prototype du cythérographe

Crédit : P. Tanga et T. Widemann

Conçus sur le principe du coronographe, neuf cythérographes ont été crées et adaptés à la dimension et à l’auréole de Vénus afin de masquer la lumière éblouissante du soleil. Afin de prendre en compte l’effet des brumes de l’atmosphère de Vénus tel que l’a révélé la mission Venus Express de l’Agence spatiale européenne - ESA, chaque instrument fonctionnera dans un intervalle spectral différent. Les instruments, seront mis en station dans des régions bien choisies (Svalbard en Europe, Extrême-Orient, Asie centrale, côte ouest des Etats-Unis et Australie) par des équipes expérimentées.

Ces travaux prépareront la mission Exoplanet Characterization Observatory EChO, proposée à l’ESA pour un lancement en 2024. La fusée Soyouz décollera de Guyane et emportera le télescope de 1,26 mètre de diamètre. Le but visé sera de sonder la physique et la chimie des atmosphères d’un échantillon significatif et représentatif d’une centaine d’exoplanètes qui incluront : jupiters chauds, neptunes glacées et super-terres tempérées.

Collaboration

Les chercheurs contribuant à cette expérience à l’Observatoire de Paris sont : Thomas Widemann, Anthony Boccaletti, Vincent Coudé du Foresto et Pierre Drossart du LESIA, ainsi que Jean-Eudes Arlot et Patrick Rocher pour l’Institut de Mécanique Céleste et de Calculs des Ephémérides (IMCCE). Différents chercheurs du l’Observatoire de la Côte d’Azur OCA ont également collaboré comme Paolo Tanga et Thierry Lanz.

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