vendredi 6 avril 2012, par Milan Maksimovic et Nicole Vilmer
Solar Orbiter est une mission de l’ESA qui permet de faire des progrès notables dans notre connaissance du Soleil et de l’Héliosphère interne en suivant simultanément les deux voies stratégiques suivantes :
Initialement proposée en 1998 dans le programme « Horizon 2000 + » de l’ESA, Solar Orbiter a finalement été sélectionnée le 4 Octobre 2011 par le Comité des Programmes Scientifiques (SPC) comme la première mission moyenne dans le cadre « Cosmic Vision » et ce pour un lancement en Mars 2017. Projet structurant d’un grand nombre de laboratoires de physique solaire et héliosphérique en Europe et au-delà, Solar Orbiter fédère l’ensemble des communautés SOHO et Ulysse dont elle regroupe les attentes scientifiques.
Les objectifs scientifiques de Solar Orbiter couvrent un grand nombre des questions fondamentales de la physique du Soleil et de l’Héliosphère interne qui restent d’actualité. Ces questions sont :
En ce qui concerne le vent solaire, la couverture héliocentrique inédite permettra d’aborder les problèmes de transport d’énergie dans ce milieu faiblement collisionel. Plus particulièrement, Solar Orbiter abordera le problème du « chauffage » du vent solaire, dont l’écoulement, à mi-chemin entre une expansion adiabatique et une expansion isotherme, demeure inexpliqué.
Solar Orbiter permettra également d’étudier les éruptions solaires, épisodes de libération brutale d’énergie à la surface du Soleil, et les injections de particules énergétiques qui y sont associées. L’orbite de la sonde permettra des périodes d’observation en co-rotation quasi-synchrone avec le Soleil. Ceci fournira l’occasion, grâce au couplage instrumental entre mesures in-situ et télédétection, de séparer, pour la première fois, les phénomènes spatiaux des phénomènes temporels.
Après une première phase d’environ 4 ans d’observations depuis le plan de l’écliptique, des phasages gravitationnels avec Vénus permettront à Solar Orbiter de sortir de ce plan et de procéder à des observations à hautes latitudes (jusqu’à environ 30°) du Soleil et du vent solaire. Cette phase de la mission sera propice à des mesures d’héliosismologie locale et d’observation des trous coronaux polaires, sources du vent solaire rapide.
L’expérience Radio and Plasma Waves (RPW) a été proposée par un consortium international conduit par le LESIA (PI : M. Maksimovic, chef de projet : M. Dekkali) en réponse à l’appel à d’offre de l’ESA pour Solar Orbiter. Les objectifs de cet instrument, permettant à la fois des observations in-situ et de télédetection (émissions radio solaires), sont de mesurer, d’une part les ondes électriques depuis le continu jusqu’à 16 MHz et d’autre part les ondes magnétiques depuis quelques Hertz jusqu’à 500 kHz.
| Laboratoire | Pays |
|---|---|
| LESIA, Observatoire de Paris | France |
| LPC2E, Orléans | France |
| LPP, Polytechnique | France |
| IRF, Uppsala & KTH, Stockholm | Suède |
| IAP & Astronomical Institute, Prague | République Tchèque |
| IWF, Graz | Autriche |
| University of California Berkeley (*lien scientifique avec Solar Probe Plus) | USA |
Le design et les performances de l’expérience RPW permettront pour la première fois des mesures très précises des champs électriques basse fréquence dans l’héliosphère interne, dans le vent ambiant ou bien au travers des chocs interplanétaires. A plus haute fréquence, la spectroscopie de bruit thermique fournira des mesures précises des densités et températures électroniques.
Les objectifs spécifiques de RPW sont :
Equipe scientifique : M. Maksimovic (PI), O. Alexandrova, C. Briand, J.-L. Bougeret, B. Cecconi, K. Issautier, L. Klein, N. Meyer-Vernet, M. Moncuquet, F. Pantellini, N. Vilmer, A. Zaslavsky
Etudiants, Post-Docs : P. Henri, L. Lamy, G. Le Chat, L. Matteini
Equipe technique : M. Dekkali (Chef de projet), P.-L. Astier, G. Barbary, F. Chapron, Y. de Conchy, K. Boughedada, L. Gueguen, C. Guériau, I. Laglil, V. Leray, L. Malac-Allain, L. Mouysset, Q.-N. Nguyen, P. Plasson, D. Polizzi.
Pour plus d’information, voir la page Solar Orbiter de l’ESA.
L’expérience Spectrometer/telescope for Imaging X-rays (STIX) a été proposée par un consortium international conduit par l’institut FHNW (Fachhochschule Nordwestschweiz) à Windish en Suisse (PI A.O. Benz puis S. Krucker) en réponse à l’appel d’offre de l’ESA pour Solar Orbiter. L’objectif de STIX est de fournir les diagnostics des particules (ici essentiellement des électrons) qui sont accélérées en liaison avec l’activité solaire et qui interagissent dans l’atmosphère solaire (essentiellement rayonnement de freinage des électrons dans le domaine des rayons X).
STIX est l’instrument de Solar Orbiter qui permet de faire le lien entre les mesures en imagerie de l’atmosphère solaire (diagnostics du champ magnétique, diagnostics UV EUV des régions actives éruptives) et les mesures in-situ (émissions radioélectriques des faisceaux d’électrons se propageant dans la haute atmosphère solaire et mesures directes par le satellite des électrons injectés dans le milieu interplanétaire).
STIX fournira des données de spectro-imagerie X des électrons thermiques et non-thermiques en interaction dans l’atmosphère solaire dans une bande d’énergie allant de 4 à 150 keV. La mesure du rayonnement X des électrons par STIX permet d’obtenir des informations cruciales pour les autres instruments de Solar Orbiter (en particulier RPW et EPD) sur le « timing » de l’accélération des faisceaux d’électrons au soleil, sur la localisation de cette accélération à la surface du soleil et sur l’intensité et le spectre des électrons accélérés. La proximité du soleil permet d’aborder les questions de connectivité magnétique entre la surface solaire et le milieu interplanétaire et d’accélération des particules en s’affranchissant en grande partie des problèmes de propagation dans le milieu interplanétaire.
| Energy Range | 4 – 150 keV |
|---|---|
| Energy Resolution (FWHM) | 1 keV @ 6 keV to 15 keV @ 150 keV |
| Effective area | 6 cm2 |
| Finest angular resolution | 7 arcsec |
| Coarsest angular resolution | 3 arcmin |
| Field of view for imaging | 2° |
| Image placement accuracy | 4 arcsec |
| Time resolution (statistics limited) | >0.1 s |
La participation française implique le CEA (Co-I Olivier Limousin, Sacha Brun ) pour la fourniture de micro-détecteurs CALISTE et le LESIA (Co-I Nicole Vilmer) pour le segment sol (développement d’une interface d’accès aux données et de logiciel de traitement) et l’exploitation scientifique après lancement.
STIX contribue à 3 des questions fondamentales auxquelles Solar Orbiter doit apporter de nouvelles réponses : 1- Origine du champ magnétique héliosphérique et connectivité magnétique entre la région active et le milieu interplanétaire ? : 2- Quelles sont les sources, les mécanismes d’accélération et les processus de transport des particules énergétiques ? 3- Comment les transitoires solaires déterminent une variabilité héliosphérique ?
Equipe scientifique et technique : N. Vilmer (Co-I), G. Aulanier, K.L. Klein, E. Pariat, M. Maksimovic (lien RPW), N. Fuller (software)
Post-Doc : S. Masson, H. Reid