LESIA - Observatoire de Paris

Soutenance de thèse de Xavier Haubois le mardi 21 avril 2009

lundi 20 avril 2009

"Imagerie interférométrique infrarouge et perspectives pour l’observation interférométrique du Centre Galactique : le projet GRAVITY"

Mardi 21 avril 2009 à 14h30 dans l’amphithéâtre du LAM

Résumé

Le centre de la Galaxie abrite un trou noir supermassif nommé Sgr A*. Grâce à l’instrument GRAVITY, les capacités de haute résolution angulaire du VLTI permettront pour la première fois l’observation directe de l’environnement immédiat d’un tel trou noir. Pour atteindre ces buts astrophysiques, il est nécessaire d’obtenir des observables interférométriques de grande précision et d’appliquer des techniques de reconstruction d’images. Dans ce contexte, j’ai pu dans une première partie de ma thèse, employer différentes méthodes d’imagerie interférométrique en infrarouge suite à l’observation de la supergéante rouge α Orionis (Bételgeuse) avec l’interféromètre à trois télescopes IOTA. Ces travaux ont pu notamment conduire à la mise en évidence de structures asymétriques brillantes à la surface de l’étoile qui sont très probablement de nature convective.

La précision des observables interférométriques conditionne la qualité de la reconstruction d’image. Dans une deuxième partie, j’ai pu pratiqué une étude des performances interférométriques simulées de GRAVITY afin d’estimer la précision sur les phases et visibilités qu’il fournira. Afin d’optimiser les futures observations de GRAVITY, il est essentiel d’avoir une idée des caractéristiques spatiales et temporelles de son objectif scientifique majeur qu’est Sgr A*. Pour cela, j’ai pu finalement participer à une campagne d’observation multi-longueurs d’onde de l’environnement de ce trou noir. A cette occasion, j’ai utilisé le mode BURST du spectro-imageur VISIR pour obtenir une haute résolution angulaire et une grande sensibilité au rayonnement de Sgr A*. Ceci m’a conduit à obtenir une limite supérieure la plus basse jamais enregistrée à 8,6 microns. Autre fait marquant, ces observations ont révélé la présence d’un sursaut en proche infrarouge. Si le processus de rayonnement n’est pas encore parfaitement modélisé, ces observations tendent à confirmer que les sursauts tirent leur origine d’un mouvement orbital de matière à quelques rayons de Schwarzschild de Sgr A*.

Grâce à sa précision astrométrique de 10 micro-secondes d’angle, correspondant à un rayon de Schwarzschild à la distance du Centre Galactique, GRAVITY sera en mesure de résoudre le mouvement orbital de ces spots de matière et de comprendre la nature d’un tel rayonnement. De plus, il permettra également la mesure directe de la métrique d’espace-temps et l’étude de la relativité générale en champ fort.