Hommage à Zadig Mouradian

lundi 27 janvier 2020

C’est avec une grande tristesse que nous apprenons le décès de Zadig Mouradian survenu le 22 janvier 2020 dans sa 90ème année.

Zadig Mouradian écrivait en 2008 :

« Trois ans après avoir obtenu mon diplôme en astronomie à l’Université de Bucarest, j’ai finalement été recruté par l’Observatoire de Bucarest pour participer à l’Année géophysique internationale. J’ai rejoint l’Observatoire en tant que troisième boursier du Département Solaire. Là, je suis devenu un expert des affaires satellitaires grâce à une prise de vue télévisée. J’étais en charge d’ajuster les instruments solaires nouvellement reçus et j’ai contribué à la campagne internationale, y compris la patrouille solaire. Puisqu’il m’était absolument impossible de débuter une thèse à cette époque, j’ai déménagé en France et entamé une nouvelle carrière au Département Solaire de l’Observatoire de Paris-Meudon. Mon expérience à l’Observatoire de Bucarest a été fondamentale pour le reste de mon travail au cours des 50 années suivantes. Ma coopération avec l’Observatoire de Bucarest s’est intensifiée après 1992 et se poursuit encore aujourd’hui. »

Zadig Mouradian était entré dans le département solaire de l’Observatoire de Paris à Meudon, dirigé par Raymond Michard, au début des années 60.

Il a publié plus de 140 articles sur les cycles solaires, les spicules observées au bord du Soleil, et plus globalement sur l’atmosphère du Soleil. Il travaillé pendant de nombreuses années avec Irina Soru Escaut. Dès 1977, il s’est intéressé aux protubérances solaires, matière du Soleil éjectée et propulsée jusque dans l’atmosphère terrestre ; c’était les prémices de ce que l’on appelle maintenant la météorologie de l’espace. Il avait une vue visionnaire de ces phénomènes qui peuvent conduire aux aurores boréales.

Pendant une grande période de sa vie, dans les années 70-80, Zadig Mouradian a construit un spectrographe au Pic du Midi et obtenu de nombreuses observations sur les spicules. Il a organisé des expéditions lointaines pour observer les éclipses de Soleil (1961, 1970 et d’autres) et identifié de nouvelles raies d’émission de la couronne solaire.

Dans les années 2000, il a dirigé la thèse de plusieurs étudiants, dont celle de Lela Taliashvilli, qui depuis a formé un groupe de recherche en physique solaire au Costa Rica avec le soutien de Zadig Mouradian jusqu’à ces dernières années, notamment avec Carolina et Heidy Gutierrez dont leurs derniers articles en commun datent de 2017.

Nous nous rappellerons tous l’excellent physicien qu’était Zadig Mouradian, et le rôle qu’il a joué dans le développement de la physique solaire, tant avec des observations au sol que dans l’espace (Skylab en 1973, SMM dans les années 80).

Nous aimions beaucoup son humour et sa joie de vivre et nous conserverons le souvenir de soirées musicales où nous avons eu le plaisir d’entendre son épouse, Aïda, jouer pour nous. Musique et science forment un très bon couple.


Zadig MOURADIAN (2002)
Zadig MOURADIAN (2002)

Crédits : LESIA / Observatoire de Paris-PSL


La cérémonie religieuse sera célébrée le mercredi 29 janvier 2020 à 11 heures en la Cathédrale Arménienne Saint-Jean Baptiste, 15 rue Jean Goujon à Paris 8ème. L’inhumation aura lieu à 14 heures dans la sépulture de famille au cimetière nouveau, 48 avenue Pierre Grenier, à Boulogne-Billancourt.